Mode Excessive

vendredi 7 février 2014



Avant de vous envoyer de nouveau en Nouvelle Zélande avec mon prochain post, c'est un sujet auquel j'ai longtemps réfléchi que je voulais poster ici, en partenariat avec Madmoizelle ! Vous commencez à le savoir ;-)


Bien avant que je ne commence le mannequinat, il m'arrivait de baver devant les pages de papier glacé des magazines. J'achetais Vogue, Stilettos, Vanity Fair et mon inconditionnel Cosmopolitan. Ce que je préférais : les éditos et la couverture.



Les séries mode me transcendaient. Je me demandais à quoi ressemblait le travail accompli en amont pour fournir des images de qualité si vivantes.

Et puis, il y a eu Grazia.

Grazia qui proposait des séries loufoques, incroyables, et ce magazine qui ne coutait pas grand chose.
A partir de ce moment là (c'est donc assez récent), les éditos magazines ont abandonné le "less is more" stylistique pour aborder un angle plus léché, plus "catwalk". Ces silhouettes de magazines qui sont alienesques, presque irréelles et, avouons-le, totalement importables au quotidien.
Les filles choisies sont elles-mêmes dingues, leurs attitudes sont surprenantes et le stylisme est barge.
J'aimais énormément la simplicité des vieux éditos des Vogue, juste des draps blancs et une fille avec des bijoux. Ces images à la Kate Moss faites par Corinne Day en noir et blanc, ces clichés de backstages qui en faisaient des éditos à eux-seuls.
Maintenant les séries ne permettent plus de s'identifier à un style. Toutes les tendances se mélangent entre elles et nous amènent au fameux "mix and match". On associe des rayures à des fleurs, un body à pois avec des sneakers et un tutu, les objets et accessoires se détournent et tout est sujet à la créativité. Ces images, ces séries mode pour moi ressemblent encore plus qu'avant à des oeuvres d'art pour lesquelles chacune à sa propre perception et interprétation. Mais à la fois s'éloignent de plus en plus de l'identification personnelle (vous vous y retrouvez, vous, dans ce type d'images ?).

Cela dit, quand j'interroge mon entourage sur la portée de ces images dans la société, je me rends bien compte que la mode et les rédacteurs en chefs perdent parfois l'auditoire. Ces photos sont incroyables et pourraient être liées intimement à un livre photographique, mais est-ce qu'on n'oublie pas trop souvent la cible essentielle, le pour qui on écrit un magazine ?
J'aime beaucoup Cosmopolitan car la cible est jeune et il y a toujours au moins un édito dans le magazine qui reste simple et naturel, bien souvent c'est de la lingerie. Ces photos restent accessibles, fraiches, et visent parfaitement la cible du magazine. Ce sont donc celles qui me touchent le plus en temps que fille, avant d'être mannequin.

Je suis de celles qui découpent les looks dans les magazines, enfin, je l'étais.
Maintenant j'arrache les pages quand la pose et l'attitude de la fille m'intriguent, et je m'en inspire. Même si je n'ai pas le profil d'une mannequin edito (chacun son job), je n'arrête pas de travailler mes techniques et mes recherches pour proposer de nouvelles choses aux clients.
Au final, je termine mon année avec des classeurs qui dégueulent de paperasses prédécoupées que j'étale au sol. Un peu comme un bilan de l'année mode vue par les magazines et on se rend compte combien les styles ont évolués, même en un an de temps. C'est fou comme le temps passe, mais au final les magazines que je préfère conserver sont les vieux Vogue que je trouve en brocante et qui sont authentiques avec ces inspirations simplistes où la femme est sublime au naturel, sans un stylisme outrancier.

Suis-je la seule à être sensible aux séries mode ?

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Billet rédigé en exclusivité pour : 























1 commentaire:

  1. Comme toi, j'aime beaucoup les éditos anciens, plus "simples". Mais je suis ravie des éditos d'aujourd'hui et de leur stylisme de dingue. Je suis peut-être à contre-courant (selon ce que tu dis) mais j'adore les shoot colorés, qui sortent de l'ordinaire et qu'on ne verra pas en dehors des pages d'un magazine. C'est peut-être aussi parce que je suis ferrure de mode, à inspecter chaque défilé, mais ce qui me fait rêver, c'est justement ces fringues importables. Peu importe les avis divergents, j'aime beaucoup ton article :)

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