'' Ces mannequins sans cervelles ''

lundi 21 juillet 2014



Ces filles qui sont mannequins parce-qu'elles n'ont rien trouvé d'autre à faire de leurs vies ...
Ces filles bêtes qui sont conditionnées pour se sous-alimenter ...
Ces filles qui ne ressemblent pas à des vraies femmes et qui pensent détenir le pouvoir infini ...
Ces filles stupides qui ont stoppé leurs études car elles étaient nulles et sans ambitions ...


Mmh, mhh ...



Bien souvent (et à mon plus grand malheur d'ailleurs), on entend et on lit des grosses inepties à propos des mannequins. La plupart des gens assimilent tristement le mannequinat à une forme végétative. Quelqu'un sur stand-by. Un peu comme si le temps avaient été mis sur pause en attendant de savoir quoi faire de notre vie. Comme si la seule chose qui motivait notre possibilité de nous faire de l'argent était notre corps (ou notre visage, nos cheveux, nos yeux). Soulevons un peu cette problématique voulez vous ?

Pourquoi devient-on mannequin ?

La plupart du temps les mannequins ne le sont pas parce qu'elles ont toujours voulu l'être. Elles sont tombées dedans par hasard, ont été repérées par une agence ou un scout, elles ont tenté l'aventure et se sont rendu compte qu'il était (pour certaines) facile de se faire de l'argent de cette manière là.
D'autres filles ont essayé de percer parce qu'elles avaient la conviction de réussir et se sont donc débrouillées pour rentrer en agence. Que ça fonctionne, ou non, l'essentiel est de croire en son travail et de persévérer. Travailler sa photogénie, son relationnel, son attitude en casting, sa tenue globale, ... Le mannequinat est un métier qui nécessite grand nombre de sacrifices, d'efforts et de rapports humains. C'est un travail permanent sur soi et l'univers qui nous entoure. Nous sommes en permanence jugées. En permanence affichées et susceptibles de rencontrer quelqu'un pouvant nous embaucher. Etre sérieuse, polie, correcte, disciplinée ... Autant de qualités à accumuler tout le temps pour garder ses cartes dans son jeu.

Etre mannequin parce qu'on est inculte ?

Il m'est très rarement arrivé de rencontrer des filles ayant un cerveau se rapprochant de la taille d'une huitre et de son contenu. Je vous invite à regarder plusieurs reportages sur le mannequinat, sur les coulisses des défilés et des shootings. Je suis convaincue que ceux qui pensent ceci d'un mannequin ne se sont arrêtés que sur les paroles d'une petite adolescente de 14 ans venue d'un pays étranger et placée contre son gré dans un défilé haute couture. Ces jeunes filles sont parfois contraintes d'être "envoyées" à l'étranger pour tenter de percer dans le mannequinat et rapporter de l'argent auprès de leur famille. Ces filles sont jeunes, fragiles, et ne connaissent bien souvent pas notre langue. Non, elles ne sont pas bêtes, mais elles sont désespérées (je vous invite à regarder le voyage d'un jeune top model ici). 
Lorsque les filles sont exposées à la télévision ou à travers un reportage, elles savent qu'une bonne image à véhiculer est importante. Quand on représente un créateur par exemple, il est nécessaire d'incarner son état d'esprit et de ne pas froisser l'image du personnage. La tenue d'un mannequin (qu'elle soit esthétique ou éducative) est une de nos principales qualité, quitte à parfois se refuser de parler pour ne pas être soi même et rester dans le personnage imposé pour le job. 
Grand nombre de filles est jeune et continue leurs études en parallèle. Elles sont nombreuses à étudier entre les séances photos ou à suivre des études à distance. D'autres ont été repérées et se sont lancées dans l'aventure après l'obtention de leur BAC. D'autres encore, dont je fais partie, ont mené à bien des études et le mannequinat et on ensuite décidé de se consacrer pleinement au métier lorsque les études étaient bouclées.

Les mannequins se droguent et font la fête

Oui. Non. Non. Oui. 
Je ne suis pas de celles qui participent aux fashion weeks, vous l'aurez compris. Je ne connais pas grand chose à l'univers des défilés pour le peu que j'en ai fait en prêt à porter. L'univers haute couture est assez loin des jobs pour lesquels je suis engagée. J'ai entendu parlé d'histoires glauques concernant certaines filles mais je n'ai jamais été là pour en conclure une vérité. La drogue dans ce milieu existe peut être tout comme elle peut également exister dans le milieu de la publicité, de la communication et j'en passe. Cependant il n'est pas faux de constater tristement que certaines filles avalent des coupes-faim pour éviter de se ruer sur les buffets proposés en défilés ou en séances photo. C'est malheureux mais quelques filles prennent énormément de poids très rapidement. Pour continuer à obtenir des jobs elles s'infligent ce supplice, d'autres ont une volonté plus marquée et n'ont pas besoin de ce genre de médicament. 
Le milieu de la fête et celui de la nuit est très présent dans ce monde là. Aux mannequins de choisir si elles veulent en faire partie. J'évoquais le sujet des promoteurs ici, je vous invite à y jeter un oeil pour en savoir un peu plus. Il faut juste savoir quelles sont nos limites. Aller boire des drinks et danser au Queen est une chose, savoir rentrer à l'heure et fraiche comme un gardon en est une autre. Les mannequins qui sentent la clope et qui ont des gerçures bleues dans les lèvres à cause du vin de la veille ne seront pas rappelées. Il faut connaitre ses limites et surtout être sérieuse quant au travail sur lequel on doit enchainer le lendemain matin. Je discutais l'autre jour avec une amie qui elle est mannequin depuis bientôt dix ans. On se faisait la réflexion que nos profils tournaient toujours peut-être car nous prenons soin de nous et que notre hygiène de vie reflète notre vie professionnelle. Nous faisons toutes les deux du sport, ne fumons pas (ou très peu), faisons la fête modérément, ne prenons pas de cuites, prenons du temps pour nous. L'entretien d'un corps et d'un mental est PRIMORDIAL pour la pérennité d'une carrière de mannequin. Se défoncer la tête à vingt ans est bien entendu une chose à faire. Mais reste à savoir ce que l'on préfère faire de sa carrière si on se lance dans l'aventure du mannequinat ... 

Les mannequins ne parlent pas

C'est vrai, beaucoup de filles sont silencieuses mais ce n'est pas le signe d'un quelconque manque de culture. Dans ce monde là, la discrétion est de mise. Nous ne sommes pas nombreuses à avoir des projets artistiques liés à nos métiers de mannequin. Celles qui n'en ont pas et qui sont uniquement là pour vivre l'aventure et se faire de l'argent suivent tout simplement le cours des bookings (jobs) et ne sont pas là pour s'afficher. Lors des interviews, elles restent le plus laconique possible. C'est certainement leur manière de se préserver. Mais en aucun cas est une marque de stupidité.

L'aventure humaine

Elle dure plus ou moins longtemps pour chacune d'entre nous. Certaines filles travaillent depuis des années, d'autres se sont arrêtées au bout de quelques mois ou quelques petites années. Pourquoi ? Les études les rattrapent, ce monde là ne les intéresse plus, leur profil ne plait plus aux agences, elles n'ont pas réussi à percer, etc ... Ce métier est riche de bonnes choses. Et de mauvaises. On apprend beaucoup humainement. On apprend également beaucoup sur soi. Chaque casting est un entretien d'embauche et nous devons être la meilleure en quelques secondes. C'est un travail et un acharnement personnel très intense, et je ne parle pas de refuser de s'alimenter (encore une fausse idée). Savoir prendre du soi, savoir être agréable avec les directeurs de casting, savoir présenter son book, présenter son agence, savoir être ponctuelle, savoir être présentable, savoir faire des heures supplémentaires, savoir refuser des jobs et en accepter d'autres, savoir dire oui à son agence, savoir dire non. On rencontre des filles venant du monde entier, des casteurs différents chaque jour, on va changer d'agence en fonction des tendances et des budgets. Je connais d'anciens mannequins qui se sont reconvertis dans un milieu artistique après leur carrière (longue ou courte) grâce aux nombreux contacts faits durant ces belles années. Le mannequinat peut être pour certaines une parenthèse de vie entre deux études pour se faire un peu d'argent ou tenter l'expérience, pour d'autres cela peut être un hasard dans lequel elles ont décidé de miser gros et pour d'autres encore le mannequinat représente le moyen d'entrer dans un univers artistique et mode, dans lequel elles vont puiser beaucoup de relations humaines pour leur avenir professionnel.


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Billet rédigé en exclusivité pour : 




3 commentaires:

  1. Y'a une petite coquille : "contraintes d'être envoyées" plutôt que "contrées d'être envoyées", non ?

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    1. OUPS merci pour la coquille, c'est immédiatement rectifié ! ;-)

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  2. Je ne suis pas tout à fait d'accord.
    Concernant les filles qui ont une activité à côté, font des études etc bien sûr aucun soucis.
    En revanche, il faut admettre que beaucoup de mannequins et de tops commencent leurs carrières dès l'âge de 15 ans et arrêtent donc l'école à ce moment. 15 ans c'est la 3ème, les années qui suivent sont quand même cruciales en matière de culture générale et de notions, toutes matières confondues. Donc idiotes non, mais pas cultivées malheureusement si...

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