NON je ne veux pas maigrir !

lundi 9 février 2015


On constate une nette amélioration depuis quelques années. Mais pendant longtemps la taille 38 a été prohibée dans le monde de la mode. Rappelez vous dans "Le diable s'habille en Prada" lorsque Anne Hathaway passe du 40 au 38, elle se fait appeler "Taille 38" toujours avec un certain dégoût. 
L'arrivée en trombe des models + size avec leurs formes généreuses permet aux lectrices de magazines et aux clientes de boutiques de s'identifier plus facilement aux visuels de publicité. J'ai envie de dire "oui" et "non". C'est une très bonne chose de diversifier les cibles en proposant de nouvelles morphologies de mannequins mais c'est aussi une mauvaise chose de bannir les tailles entre-deux. Où sont les 38 ? Où sont les 40 ?


Pendant longtemps mes agences m'ont demandé de maigrir toujours plus. Un centimètre par ci, un kilo par là. J'ai toujours fait un 38 (plus ou moins grand). J'ai "réussi" à perdre quelques kilos dans mes premières années (haaa la facilité de la jeunesse ...) assez rapidement je dois dire. Ne plus manger ne me dérangeait pas tant que ça. Jusqu'au jour où, malchance, ne plus manger ne suffit pas pour perdre du poids. Et puis, j'ai été rapidement saoulée. J'ai beaucoup réfléchi sur le pourquoi du comment. Pourquoi suis-je obligée de faire une taille 36 pour travailler plus ? Même si c'est la stricte et malheureusement vérité, le fait de descendre d'une taille de pantalon me ferait travailler dix fois plus. Est-ce que j'avais envie de ça ?
J'ai cru pendant longtemps que oui, être plus fine m'aiderait professionnellement (c'était surtout un sombre prétexte de moi à moi pour tenter de me plaire davantage et de me conforter dans l'idée qu'être jolie c'était être mince : ce qui s'avérera plus tard être une belle bêtise, mais quand on est jeune, on est con). 

Et 2012 est arrivée. J'ai quitté Paris et j'ai décidé de me concentrer de nouveau sur mes études. Le mannequinat serait un complément de mon quotidien (qui au final, me prenait les 3/4 de mon temps). Le fait de revenir sur Lille, d'être loin des castings la moitié de la semaine, de côtoyer de nouveaux visages et de nouvelles personnalités en dehors de ce monde là a commencé à me faire ouvrir les yeux. J'ai continué à travailler comme mannequin sans nécessairement passer des castings, j'ai cessé de vouloir mincir à tout prix pour plaire à quiconque et mes jobs n'ont jamais cessé de se suivre. J'ai constaté que ma taille 38 pouvait plaire à certains clients et qu'ils me rappelaient même quelques mois plus tard pour retravailler avec moi ! Et puis, j'ai eu mon déclic : Je vais me positionner comme mannequin officiellement en taille 38. Oui parce que, que je vous explique, quand on me demandait quelle taille de futal je faisais je répondais la bouche en coeur "euh, 36/38", comme si je n'assumais pas vraiment de n'être plus proche du 38 que du 36. Rassurez moi, vous la connaissez aussi cette réponse ? ;-)

Alors j'ai décidé de me prendre en main. Non pas de manger plus, plus mal, de ne plus faire attention ou d'abandonner certaines habitudes. Au contraire, j'ai découvert les joies du sport et de l'alimentation sans complexes. J'ai toujours été une bonne mangeuse qui culpabilisait énormément. J'ai dis bye-bye aux "j'aurais pas dû" (c'était dur mais une fois que c'est fait, c'est du bonheur) et j'ai surtout enclenché l'élément moteur du bien être : l'activité sportive ! Ce qui me permet de rester en forme(s) en me simplifiant la vie à tous niveaux. C'est drôle comme un changement mineur quotidien peut influencer votre vie professionnelle. Je me sens beaucoup mieux de corps et d'esprit depuis que j'ai quitté Paris, que j'ai accepté de ne pas être la silhouette convoitée des agences et surtout que j'ai cessé de me comparer aux autres mannequins. J'accepte d'être un 38, fièrement. Et croyez-moi, je n'ai pas moins de travail qu'avant, je travaille juste sur différents secteurs. La publicité, la beauté, les cosmétiques, la lingerie, le sport, la comédie, le prêt-à-porter qui s'assume ... 

L'autre jour j'étais en pleine séance de renforcement musculaire dans ma salle de sport et mon coach m'interrompt pour me dire "si tu veux maigrir, suis-moi, j'ai un programme, je vais te montrer". Je me vois lui sortir brut de pomme : "Mais je NE VEUX PAS maigrir ! Je ne suis pas ici pour ça. Je veux me vider la tête, m'entretenir, me sculpter éventuellement mais maigrir, absolument pas". Et ça m'a fait un bien fou. Je pratique le sport deux fois par semaine et trois fois dans un idéal absolu. Je ne cherche pas les résultats visuels marquants. Je veux juste me défouler quelques heures, entretenir mes courbes et me sentir tonique. Je fais attention à mon alimentation la plupart du temps mais jamais je ne regretterai un muffin aux trois chocolats entre deux repas. Il arrive que je sorte tous les soirs de la semaine et que je mange à l'extérieur plusieurs journées d'affilé. Et alors ? J'ai arrêté de complexer sur le fait que la nourriture et les répercutions physiques seront mes ennemies. Je ne vous cache pas que j'ai fait sur moi un travail de longue haleine. C'est d'ailleurs en partie pour ça que le blog a vu le jour il y a deux ans, pour me conforter dans mon idée de ne pas changer pour le bonheur des autres mais de rester moi même et de m'entretenir comme je suis pour le mien. Tout en sachant, bien sûr, que ça n'aurait pas d'impact conséquent sur ma vie de mannequin. Et quand bien même ça en aurait eu, j'aurais fait avec ! Il n'y a pas que le physique et le désir de rentrer dans un 36 dans la vie. La mode est faite pour se divertir, pas pour se prendre la tête. 

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3 commentaires:

  1. Super article!! Très vrai et très beau.
    Ne plus chercher à plaire aux autres mais se plaire à soi même avant tout, être en accord avec ses valeurs. Tellement dur pourtant mais aussi très libérateur j'imagine...

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  2. Merci !
    Je suis mannequin et fait du 40, et j'ai aussi au début voulu perdre du poids pour convenir à toutes les agences mais ton blog m'aide depuis un bon moment à m'aimer comme je suis et à assumer mes formes !

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  3. Ce texte est magnifique ma belle !
    Je suis tellement d'accord avec cette façon de penser car au final, les mannequins que je trouve belles sont celles qui m'ont l'air heureuse et bien dans leur peau (en taille 34 comme en taille 54).
    Ce qui me gênait dans l'essor des mannequins + size et dont tu parles au début de ton article, c'est plus ces femmes qui font une taille 40-42 et qui sont directement associées à des "+ size" alors qu'au final, dans la tête des gens, une "+ size" est plutôt proche du 50 que du 40, non ?
    Du coup, en étant associées à ces mannequins, elles ont aussi été "jugées" comme étant "grosses", ce qui n'a pas dû leur faire beaucoup de bien ;)

    Après, être "grosse", ronde", "enveloppée" n'est vraiment pas un mal mais je pense que ça a rajouté des complexes à des femmes qui n'en avaient pas autant. Mais ce n'est peut-être qu'une idée et au final, je trouve que l'essor des mannequins + size est aussi (surtout) positif et bénéfique.

    Bisous ma belle, et tu as raison : reste comme tu es, tu es superbe !

    Manon

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